Une maison de santé intégrée dans une dynamique territoriale
Rencontre avec le Dr Catherine Tauzin, médecin généraliste installée à Samadet depuis 1984, et très impliquée depuis le début dans le projet de maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) de la Communauté de communes du Tursan, département des Landes (Aquitaine).
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FM. Comment est né le projet de MSP sur Samadet ?
C Tauzin. Le projet est né, chez les médecins, il y a une dizaine d'années lorsque le premier des trois médecins de notre cabinet de groupe a quitté les Landes ; il s'est concrétisé lorsque le deuxième est parti à la retraite il y a quatre ans.
Ainsi, j'ai travaillé pendant mes 20 premières années d'exercice en partageant, avec deux autres confrères, la clientèle, le secrétariat, les charges, les honoraires, etc. Nous avions aussi des stagiaires. Je rêve de refaire la même chose, et ce dans le cadre d'un projet de santé territorial et d'une nouvelle structure pluriprofessionnelle. Mon parcours est à l'inverse de celui de nombreux médecins qui ont commencé seuls et sont en MSP aujourd'hui !
Dans cet exercice isolé « forcé », il me manque l'échange entre confrères que j'avais et que je n'ai plus. Etant maître de stage depuis peu, je le retrouve à nouveau avec les jeunes internes. Cet échange entre confrères permet d'avancer.
Je fais parti d'un « Groupe de Pairs » avec des médecins de différentes générations qui a été créé il y a 4 ans. Nous nous réunissons une fois par mois pour échanger sur notre pratique à partir de dossiers patients. Cette démarche très positive est vraiment enrichissante ; aucun d'entre nous ne manque une réunion. Mais cela ne remplace pas l'échange au quotidien avec des confrères installés dans des bureaux à côté.
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FM. Comment le projet de MSP s'est-il concrétisé ?
CT. Parallèlement, en 2006, face à la désertification médicale qui s'annonçait, les élus de la Communauté de communes du Tursan ont engagé une réflexion sur l'offre de soins sur le territoire. Nos deux projets se sont rejoints. La Communauté de commune avance, nous soutient et nous aide. Elle a engagé les travaux de la structure dont elle est propriétaire ; les murs extérieurs sont très avancés. La MSP devrait être prête pour mai/juin 2012. Les professionnels de santé seront locataires et les loyers versés à la Communauté de communes comprendront les charges communes (chauffage, femme de ménage, etc.).
La structure comprend : trois cabinets pour les médecins, un cabinet infirmiers, un cabinet de kinésithérapie, deux autres cabinets pour d'autres professionnels de santé qui interviendront à temps partiel à Samadet, et un secrétariat commun aux médecins et kinésithérapeute, voire infirmiers. Mes dossiers sont déjà tous informatisés depuis de nombreuses années. L'idéal serait un logiciel permettant le partage d'information entre l'ensemble des professionnels de santé de la structure, au minimum.
FM. Les autres professionnels de santé de Samadet ont-ils adhéré à ce projet de regroupement?
CT. Oui, car les trois infirmièr(e)s de Samadet ont bien compris qu'une structure pluriprofessionnelle attire les jeunes professionnels de santé. Justement une jeune kinésithérapeute a déjà rejoint l'équipe pour s'installer dans la maison de santé.
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FM. Quelles sont les orientations de votre Projet de santé ?
CT. Il existe déjà une collaboration étroite entre les infirmier(e)s de Samadet et moi-même. Par exemple, nous organisons ensemble des rencontres au lit du patient à domicile quand cela est nécessaire. Au-delà de Samadet, il y a une entraide entre les médecins de Geaune à 10 km et moi-même ; nous travaillons ensemble dans le cadre de l'EPHAD, de la permanence des soins. Mais ces collaborations ne sont pas formalisées.
Le projet de santé est en cours de définition avec les trois infirmiers, la kinésithérapeute et moi-même. Nous commençons par travailler sur la « communication », le partage d'informations à mettre en place entre nous à partir des attentes et des besoins de chacun dans différentes situations cliniques types (urgence, nouveau diagnostic, suivi de maladie chronique, décompensation, etc.).
Ensuite nous avancerons sur l'élaboration de protocoles pluriprofessionnels pour les maladies chroniques, sur des programmes d'éducation thérapeutique ; nous attendons l'arrivée d'un deuxième (voire troisième) médecin pour prolonger cette réflexion avec lui. Cette démarche s'intègrera dans la dynamique territoriale en incluant les pharmaciens mais aussi d'autres médecins comme ceux du Tursan. Les cinq jeunes médecins regroupés au sein d'une même structure à Amou, à 25 km d'ici, participeront aussi à l'élaboration de ces programmes, même si les patients pris en charge à Amou ne sont pas ceux de Samadet. On souhaite ainsi nourrir et pérenniser une dynamique territoriale, et structurer au bénéfice de tous – professionnels de santé et patients – l'organisation du premier recours sur le Sud Chalosse (trois communautés de communes, 20 000 habitants, 35 km) (voir carte).

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FM. Quelle est votre principale attente actuellement ?
CT. Pour avancer comme nous le souhaiterions, nous avons besoin qu'un(e) jeune confrère, voire un couple de jeunes médecins, vienne s'installer avec nous à Samadet pour renforcer l'équipe, partager, échanger et organiser les prises en charge pluriprofessionnelles pour la patientèle directe mais aussi pour développer avec les professionnels du territoire des projets plus larges comme des programmes d'éducation thérapeutique.
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de la Communauté de communes du Tursan, département des Landes (Aquitaine).









